Marie France Lavarini , Jean-Yves Lhomeau. Une histoire abracadabrantesque. Calmann-lévy, 2009-10-01, 315p. format :Broché
Jacques Chirac . Mémoires, chaque pas doit être un but. Nil, 2009-11-05, 512p. format :Broché
François Mitterrand , Georges-Marc Benamou. Mémoires interrompus. Odile jacob, 1996-04-24, 246p. format :Broché
François Mitterrand . Le coup d'etat permanent. 10-18, 1993-01-01, 320p. format :Broché
Charles De Gaulle . Charles de gaulle : mémoires. Gallimard, 2000-04-25, 1505p. format :Relié
Alain Peyrefitte . C'était de gaulle. Gallimard, 2002-02-24, 1954p. format :Broché
Georges Pompidou . Anthologie de la poésie française. Lgf - livre de poche, 1974-04-01, 540p. format :Poche
Simone Veil , Lucien Neuwirth. Elles sont 300 000 chaque année : suivi de accéder à la maternité. Points, 2009-08-27, 61p. format :Poche
Robert Badinter . Contre la peine de mort : ecrits 1970-2006. Lgf, 2008-01-23, 313p. format :Poche
Nicolas Charbonneau , Laurent Guimier. La vème république. Editions générales first, 2008-03-06, 496p. format :BrochéL’histoire de la Vème République, avec un retour à un régime présidentiel inédit en France depuis le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, est émaillée de fortes personnalités, accompagnées de leur cortège de petites phrases et de grands discours.

Une histoire abracadabrantesque de Marie-France Lavarini et Jean-Yves Lhomeau propose un florilège de ces deux derniers éléments.
Cet ouvrage constitue donc un point de départ ludique à l’étude des hommes qui ont fait vivre nos institutions au cours de ces cinquante dernières années.
Des quarterons de généraux en retraite du général de Gaulle, aux affaires abracadabrantesques qui font "pschitt" de Jacques Chirac ; en passant par les citations d’Eluard de Georges Pompidou, tout y est.
En toile de fond, on retrouve les événements marquants de l’histoire de la Vème république, ce d’autant plus facilement que ces phrases sont classées par ordre alphabétique.
Ce livre fera un excellent compagnon de transports en commun, la brièveté des paragraphes permettant de ne pas se sentir frustré au moment de sortir du métro.
Mais il a aussi le mérite de susciter l’envie d’en savoir plus sur Ces grandes gueules qui nous gouvernent, pour reprendre le titre du livre de Morchoisne, Mulatier, Ricord et Rampal.

A commencer par le plus jeune retraité parmi les dites grandes gueules, qui vient de publier le premier tome de ses mémoires : Jacques Chirac.
En réalité, ce livre contient bien peu de révélations concernant la politique de l’élu corrézien/maire de Paris, surtout au regard de son titre, Chaque pas doit être un but.
Mais il sera toujours intéressant d’apprendre de la plume même de l’intéressé qu’il n’a pas trahi Chaban-Delmas à la présidentielle de 1974, et que l’étudiant qui vendait l’Humanité est toujours resté fidèle à ses idéaux.
Les récits de la jeunesse de l’ancien président valent par contre le détour. On le suit faisant une fugue pour travailler sur un bateau, voyage au cours duquel il se déniaisera auprès de prostituées en Algérie.
Il se peint encore en dilettante en Maths Sup, puis comptant fleurette a sa future femme Bernadette à la Rhumerie de Saint Germain des Prés. Laquelle Bernadette, rencontrée a Science-Po, n’est certainement pas étrangère a l’obtention du diplôme de Jacques.
Ce tome s’arrête au soir de la victoire de 1995.
Alors il n’y a qu’une chose à dire : vivement le prochain volume.
S’il est bien un président qui a fait de nombreux pas avant de toucher à son but, c’est bien le prédécesseur de Jacques Chirac : François Mitterrand.
Du sergent prisonnier en Allemagne en 1940 au Président élu en mai 1981, le chemin a été aussi long que tortueux.
Le président socialiste n’a pas eu le loisir d’écrire lui-même ses mémoires, ce qui est dommage, tant on connait l’habileté avec lequel cet amoureux des lettres françaises pouvait écrire.
Il nous reste cependant un ouvrage précieux d’entretiens entre le président et Georges-Marc Benamou, les Mémoires interrompus. La plupart des années du règne de tonton manquent à l’ouvrage, les entretiens ayant pris fin avec le décès de l’ancien président en janvier 1996.
Néanmoins, la formation du jeune François ainsi que son ascension sont couvertes, répondant ainsi aux nombreuses polémiques nées des révélations de fin de deuxième mandat du président concernant une jeunesse aussi trouble que l’époque à laquelle celle-ci s’est déroulée : fille cachée, jeunesse vichyste, amitiés douteuses avec des collaborationnistes.
Avec à la clef quelques anecdotes inédites, comme les récits des évasions de Stalag du soldat Mitterrand, dignes parfois d’un film avec Steve McQueen.
Les engagements de l’homme politique sont aussi détaillés, depuis leurs genèses, telles que l’engagement européen de François Mitterrand, ou encore sa dénonciation du pouvoir personnel détenu par un président de la Vème république.

A ce sujet, il conviendra de lire ou relire Le coup d’Etat permanent, manifeste qui contribua grandement a faire du revenant de la IVème, comme l’appelait Desproges, le candidat de la gauche unie qui mis le grand Charles en ballotage en 1965.
Le style est brillant, le fond l’est plus encore tant les points soulevés le sont avec justesse. Même si le Président Mitterrand reniera complètement, dans les faits, les principes énoncés dans cet ouvrage sitôt sa prise de fonction à l’Elysée effective, cet ouvrage est toujours d’actualité, et pourrait servir d’argumentaire a l’opposition, à l’heure de l’hyper-présidence de Nicolas Sarkozy, sonnant comme un nouvel appel à la création d’une VIème république.
La Vème république est née dans l’esprit d’un homme, aux heures les plus sombres qu’ait connu la France, en 1940 : le général de Gaulle.
Fils de professeur de lettres classiques, le général n’était lui non plus pas malhabile dans le domaine de l’écriture.
Il est donc intéressant de se replonger dans les trois volumes des Mémoires de Guerre, qui couvrent la période allant de la bataille de France a la démission du président du gouvernement provisoire de la république française en 1946. Les germes des mandats de la présidence de De Gaulle sont là, tout comme ceux de la constitution de la Vème république, énoncés au discours de Bayeux en 1946.
Le général lui non plus n’a pas eu le temps de rédiger ses mémoires, après avoir quitté la présidence en 1969.

Mais on peut trouver un excellent supplétif dans les écrits d’Alain Peyrefitte, ministre du général de 1962 a 1968, qui a publié en trois volumes un recueil de discussion avec le Président sous le titre C’était De Gaulle.
Le général n’était pas bavard. Il préférait le calme de la Boisserie au tohu-bohu parisien. Aussi, ce recueil de la parole gaullienne à la source constitue un document fascinant, quoi qu’il ait probablement du être embelli par le souvenir d’un proche collaborateur qui était aussi un admirateur de celui dont il rapportait les propos.
Mais qu’importe : la pensée est bien là, livrée presque pure au lecteur.

Du successeur de De Gaulle, qui fut de longues années sont premier ministre, on retiendra deux choses : le centre d’art contemporain situé au centre de Paris qui porte son nom, et une magnifique Anthologie de la poésie française.
Car le président Georges Pompidou était bien meilleur en lettres qu’en urbanisme.
Ce livre permis à un homme trop occupé pour avoir pu constituer une bibliographie à la hauteur de ses talents littéraires de tout de même s’inscrire dans la lignée des dirigeants lettrés du pays de Ronsard.
Cet ouvrage constitue un excellent vade-mecum, lui aussi à emporter dans les transports en communs.
L’histoire de la Vème république a été jalonnée de nombreux tournants sociétaux, aux premier rang desquels mai 68. Mais le nombre d’ouvrages disponibles est tel qu’il faudrait consacrer un article complet à cet événement.
En revanche, preuve tout de même de la vivacité de la démocratie française sous cette monarchie républicaine, des lois sont venues changer les mentalités de ce pays.

On pourra donc lire avec intérêt le courageux discours prononcé par Simone Veil devant l’assemblée nationale pour plaider la cause de l’avortement : Elles sont 300 000 chaque année.
Ce discours, sans conteste l’un des plus brillants et des plus courageux du XXème siècle rappellera le courage qu’il fallu pour précéder l’évolution des mentalités.

Dans la même veine, on ne peut oublier la lutte de Robert Badinter pour l’abolition de la peine de mort, loi sans doute la plus marquante de la présidence Mitterrand. L’ouvrage Contre la peine de mort, recueil d’écrits de l’ancien garde des sceaux de 1970-2006, permet d’avoir une vue globale de sa démarche, mais s'intéresse aussi aux problèmes contemporains de réforme de la justice.

Enfin, si vous avez des lacunes ou si vous avez envie de vous rafraîchir la mémoire, le volume de la série pour les nuls sur la Vème république, par Nicolas Charbonneau et Laurent Guimier, est fait pour vous !
Martial Goger
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